Aller à la fac au Japon : on pèse le pour et le contre

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Pour poursuivre ma série à propos de l’apprentissage du japonais, après avoir parlé des écoles de japonais au Japon, on va parler un peu de la fac au Japon. Vous êtes beaucoup à me poser des questions sur mon expérience de la fac et à envisager d’y faire un échange ou d’y poursuivre vos études, donc on va faire le point ici sur les bons et les mauvais côté des universités au Japon selon moi.

Je précise encore une fois que ce n’est que mon propre opinion tiré de mon expérience , nous ne vivons sûrement pas tous nos études de la même façons et n’en avons pas la même expérience.

On commence d’abord par les points positifs :

La raison principale pour laquelle j’ai voulu refaire une licence au Japon, c’est pour le fait d’avoir des cours en japonais et en anglais et avec des élèves et des professeurs de différents pays. Le côté international de mon programme (comme beaucoup des programmes facilement accessibles aux étrangers) est extrêmement enrichissant. Faire l’expérience de l’éducation dans un autre pays et dans une autre langue, et de côtoyer chaque jour des jeunes de nombreux pays différents c’est vraiment très intéressant. Il y a toujours beaucoup de choses à apprendre à être au contact des autres (surtout quand on doit leur parler toujours en japonais ou en anglais).

Un gros plus également, c’est que si l’on compte poursuivre sa vie au Japon par la suite et entrer dans la recherche d’emploi, sortir d’une fac japonaise est un gros avantage. Les universités ont du cachet, surtout celles qui sont bien classées , et je le vois à chaque fois que je rencontre quelqu’un sur le plan professionnel, dire qu’on vient d’une bonne fac fait toute suite une super impression (ce qui est un mystère pour moi vu le niveau des cours, mais on en parlera plus tard).

Pour entrer dans les détails plus pratique, quelque chose que j’apprécie beaucoup dans les facs au Japon, c’est la liberté d’organiser son emploi du temps comme on le veut. On a un certain nombre de cours à valider sur 4 ans, et on peut les étaler sur cette période comme on le souhaite. Par exemple, j’ai choisi de prendre le plus possible de cours pendant mes deux premières années, de manière à pouvoir en prendre que très peu pendant mes 2 dernières année, ce qui me permettra de me concentrer mes projets et ma recherche d’emploi. De la même manière, dans mon programme on peut choisir librement nos cours entre japonais et anglais, ce que je trouve très intéressant , il y a également des cours bilingues (en général enseignés en japonais, avec les lectures, documents et exams en anglais), ce qui est très intéressant autant pour les japonais qui apprennent l’anglais que pour les étrangers qui apprennent le japonais.
De plus, le visa étudiant permet de travailler jusqu’à 28h par semaines ce qui est très intéressant pour financer sa vie sur place et aussi se faire une expérience professionnelle (c’est une chance puisque dans d’autres pays dont les États Unis il n’est pas autorisé de travailler, et dans beaucoup de pays le nombre d’heures autorisées est beaucoup plus bas).

Toujours sur le plan financier : il existe plusieurs types de bourses, que ce soit des bourses du gouvernement (MEXT, JASSO), privées, ou venant directement des universités. Je ne connais que celles de ma fac, mais elle en propose une dizaine, et il est possible de les cumuler. Mon conseil si vous choisissez d’étudier au Japon, c’est de se préparer à l’éventualité de devoir payer les frais de scolarité dans leur totalité pour ne pas avoir de mauvaises surprises, mais de postuler à toutes les bourses possibles. il est en général tout à fait possible d’en avoir une voire plusieurs, en fonction des résultats scolaires. Pour ce qui est de moi je cumule deux bourses offertes par ma fac, en plus d’une réduction de 40% de mes frais de scolarité grâce à mes bonnes notes, mais je suis partie avec un prêt étudiant qui m’a permis de payer ma première année sans problèmes avant de commencer à recevoir mes bourses.

Passons aux points négatifs.
Le premier est que les études supérieures au Japon coûtent très cher. Pour vous donner une ideé ma fac est à environ 4500 euros le semestre, soit 9000 euros l’année , sur 4 ans. C’est une somme énorme, surtout que l’on n’est  pas assuré d’avoir des bourses et de trouver un job etudiant tout de suite pour amortir un peu, et faire un emprunt a des conséquences. Heureusement, il est tout à fait possible de faire un job étudiant au Japon et comme je l’ai dit plus haut, les universités offrent de nombreuses bourses, donc possibilité d’amortir un peu le coût de la fac. De plus, les frais de scolarité ne sont pas à payer si vous venez dans la cadre d’un échange universitaire !

Un autre gros point négatif pour moi, c’est le système des facs au Japon. Il y a beaucoup à en dire…. au Japon, il est difficile d’entrer à l’université, le niveau des concours d’entrée est assez haut, notamment dans les grandes universités. Mais une fois cette épreuve passée, il n’y a plus grand chose à faire pour avoir son diplôme, c’est gagné (ou plutôt payé…) en effet, le système est fait de tel façon que si l’on est présent à tous les cours, on obtient déjà entre 30 et 60 pour-cent de la note finale ( en fonction des cours). Pour faire simple si vous venez en cours même sans rien faire du tout vous devriez avoir votre diplôme, sortir d’une grande école et être considéré comme un génie alors que vous avez passé votre temps à dormir. La conséquence de ce système est que les cours sont peuplés de japonais qui viennent pour dormir, valider leur présence et ainsi leur diplôme, et le niveau s’en ressent. Même sans cela, la moitié des cours n’ont pas d’examens de fin semestre, seulement des devoirs ou des rapports à rendre, et les rapports n’excèdent pas 5 ou 6 pages, ce qui est très peu pour un niveau universitaire (en tout cas de mon expérience à la fac en France le niveau et le travail personnel demandé étaient loin d’être les mêmes…..), et quand c’est un examen, on se retrouve souvent avec un petit QCM (moi qui suis toujours stressée par les exams et qui ai l’habitude d’étudier énormément j’avale une tonnes des lectures, fait plein de fiches, des tonnes de recherches, relis le cours 10 fois, puis j’arrive devant mon QCM avec 10 questions vraiment pas compliquées, bref on en arrive presque à trouver que c’est de la perte de temps d’étudier ….)
Résultat on a souvent l’impression de venir en cours pour rien et ça se ressent au niveau de la motivation .
Malgré le système assez catastrophique et le niveau plutot bas qui en résulte, je dirais que c’est assez rattrapable par le fait qu’il y a quand même matière à étudier et à apprendre pour ceux qui le souhaitent. Même si le simple fait d’être présent en cours vous donne la moyenne, prendre le temps de bien faire mes lectures et les devoirs a quand même été très bénéfique en terme d’apprentissage, et il suffit de tomber sur un prof intéressant pour que le cours deviennent tout de suite plus motivants. De plus, s’il est très facile d’avoir la moyenne avec ce système, il est plus dur de s’en sortir avec de très bonnes notes, ce qui heureusement donne un peu de challenge et de motivation, surtout qu’avec de très bonnes notes on peut recevoir des bourses.

Pour conclure, je dirais que l’université au Japon a autant de bons que de mauvais côtés, je suis toujours assez étonnée devant un tel système et surtout de voir qu’on nous considère comme des génies parce qu’on vient d’une des meilleures universités alors qu’en réalité 80% d’entre nous ne font que venir en cours pour dormir… mais malgré ça, je trouve que étudier au Japon est une expérience extrêmement enrichissante de par les différences culturelles et les gens qu’on y rencontre, et également pour les opportunités professionnelles à la sortie. Et heureusement, malgré le système , il y a toujours de quoi étudier et apprendre !
Je vous renvoie a mes autres articles sur le sujet :

 

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