Finir l’apprentissage du japonais : bilan

wp-image-993727209Cela fait quelque mois que j’ai arrêté d’apprendre le japonais, après plusieurs années à y avoir consacré 500% de mon temps. Bien sûr on n’arrête jamais d’apprendre une langue, mais à partir d’un certain niveau l’apprentissage ne se fait plus avec du bachotage ou des leçons de grammaires. Petit bilan de cette aventure qui m’a conduit jusqu’ici.

 

Apprendre la japonais fait parti de ma vie, j’ai commencé à m’interesser à la langue japonaise vers 13 ans et je ne me suis jamais arrêtée. J’ai adoré apprendre cette langue si différente de ma langue maternelle, je trouve que c’est une aventure extrêmement enrichissante. J’ai senti mon monde s’agrandir au fur et à mesure de mes avancées dans cette langue, j’ai galeré pendant des années et je suis très fière d’être arrivée si loin aujourd’hui.

J’ai parlé de mon apprentissage en autodidacte dans cet article. Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire, mais pour résumer j’ai appris le japonais seule pendant mes années college et lycée, avant d’entrer dans une fac de japonais. J’avais un peu d’avance sur les autres donc j’ai continué à avancer mon propre niveau par moi-même en parallèle des cours, je ne faisais que ça. J’allais à Tokyo pendant les vacances d’été pour aller en école de japonais, c’est là que je me voyais progresser et ce que j’y découvrais m’émerveillait de plus en plus, et l’envie de vivre ici est devenue de plus en plus forte. à force de bachotage et de rêver de kanji presque toutes les nuits je suis passée du niveau JLPT 3 à JLPT 2 en seulement 6 mois, puis j’ai enfin emménagé à Tokyo pour entrer en école de japonais. Toutes ces années à me tuer à apprendre en autodidacte ont fait que j’étais incollable en kanji, grammaire, vocabulaire, mais très faible en langage parlé. Mon manque de confiance énorme ne m’a pas aidé. J’étais tellement frustrée de ne pas pouvoir parler comme je le voulais, je me suis toujours mis une pression énorme pour progresser, j’étais constamment épuisée. Pouvoir enfin vivre à Tokyo signifiait enfin arriver un jour à parler japonais couramment et mettre fin à ma frustration. Arrivée ici c’était dur, je me mettais une pression encore plus énorme et étais encore plus épuisée, mais en seulement 6 mois de vie au Japon j’ai réussi a passer le JLPT 1, le boss final du japonais !

Le JLPT ça ne veut pas dire grand chose, sinon que je me suis clairement tuée dans mes révisions, mais ça ne montre que le niveau théorique, pas celui qu’on a en vrai, dans les conversations et la vie de tous les jours. J’étais encore très peu à l’aise dans mes conversations, mon manque de confiance et la pression que je me suis mis à beaucoup freiné mes progrès.

Après avoir eu mon JLPT 1 j’ai relaché mes efforts, j’étais lassée de cette pression constante et je me suis presque dégoutée moi-même des études du japonais. En même temps j’ai eu mes examens d’entrée à l’université qui arrivaient, en même temps que les partiels de fin d’année de ma dernière année de licence à Paris que je suivais à distance depuis le Japon. J’ai fait une pause dans le japonais avant de m’y remettre à fond dans l’été. C’est seulement après avoir terminé mon année en école de japonais que je me suis rendue compte de mon niveau. J’ai été embauchée en tant que staff dans mon école, c’est là que je me suis rendue compte que j’étais capable de gèrer un vrai travail en japonais : traduction, interprétariat, rapports en japonais, etc. J’ai commencé à prendre un peu confiance en moi et c’est là où j’ai vu des progrès énormes.

Je suis entrée à la fac où j’ai des cours entièrement en japonais, bien sûr c’est plus dur à suivre que des cours en anglais ou en français, j’ai vite mal à la tête et ça me demande beaucoup de travail personnel derrière, mais je m’en sors. En parrallèle j’ai commencé un nouveau travail qui me demande de savoir gérer beaucoup de choses uniquement en japonais. C’est là que j’ai arrêté d’apprendre le japonais.

On n’arrête jamais d’apprendre une langue, j’ai l’impression que je ne serai jamais totalement satisfaite de mon niveau. Mais je n’ai plus besoin de me tuer à réviser des leçons de grammaire et avaler des tonnes de kanji et de vocabulaire comme je l’ai fait pendant des années. La suite de mon apprentissage se fait en faisant de mon mieux dans mon travail et mes conversations de tous les jours. Je suis très fière d’en être enfin arrivée à ce niveau, je peux dire que j’ai vraiment fait de mon mieux.

Le problème c’est que ça fait un vide dans ma vie d’un coup, alors j’ai décidé d’apprendre le coréen et le chinois. Je trouve qu’apprendre une langue c’est une aventure tellement enrichissante. On découvre une culture, un nouveau monde, notre système de pensée s’agrandit énormément et on rencontre plein de gens en chemin. Il ne faut pas se décourager, le chemin est toujours long mais il en vaut la peine.

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