Travailler au Japon 2 : mon expérience en tant que staff dans une école de japonais pour étrangers 

Cet article est le deuxième de ma série sur mon expérience dans le monde du travail au Japon. Vous pouvez retrouver le premier ici. Je continue cette serie avec cette fois-ci mon expérience dans une école de japonais pour étrangers, un job très intéressant et varié mais avec pas mal de pression.

J’ai été embauchée à temps plein pendant un mois dans l’école de japonais que j’avais fréquenté pendant un an et dont je venais d’être diplômée. Pendant l’été, une 30aine d’étudiants de la fac dans laquelle j’ai fait ma licence à Paris venaient pour un stage linguistique d’un mois, j’étais chargée principalement de m’en occuper, les accompagner et vérifier que tout se déroule correctement pour eux.

C’était un job vraiment très intéressant, et j’avais pas mal de responsabilités. Je devais traduire en japonais les demandes de visa d’étudiants étrangers (un vrai casse-tete!), des papiers de l’école en français et anglais, j’accompagnais les élèves dans les sorties scolaires et faisais interprète du japonais à l’anglais ou au français pendant les differentes sorties et evennements.

Je devais m’assurer que tout allait bien du côté des étudiants français en programme d’été, vérifier leur guest house avant leur arrivée, les accueillir, les placer dans les classes de niveau, adapter le programme des sorties etc.
Utiliser mes 3 langues tous les jours, faire autant de choses variées et parler avec plein de gens en faisaient un job plutôt enrichissant et j’ai vraiment adoré.

Tout le monde était très sympa dans mes collègues, par contre la boss était très stressante, elle nous mettait énormément de pression et pouvais même être très humiliante. Ça ne m’a pas vraiment affecté parce que je savais que je faisais mon job à peu près correctement, j’étais là pour seulement un mois et je faisais ça pour moi et mon expérience, mais on sentait que ça affectait beaucoup certains collègues.
Il fallait pas deconner, et tout était très rigoureux avec elle et elle pouvait se mettre a crier même sur de tout petits détails et devenir très humiliante. Ça arrivait quasiment tous les jours qu’elle se mette à s’énerver sur quelqu’un et l’engueule comme un enfant de 3 ans devant tout le monde.

J’avais aussi du mal avec leur attitude envers elle (qu’elle leur imposait). Dès qu’elle arrivait il fallait que quelqu’un se précipite pour lui service du thé de maniere super formelle (on aurait dit une vraie cérémonie du thé à chaque fois), puis on devait tous se lever pour l’écouter nous faire un discours moralisateur sur la vie, le travail etc. Je n’aimais pas la façon dont elle imposait à tout le monde de lui lécher les pieds, j’ai du mal avec l’idée de respecter quelqu’un qui ne nous respecte pas, mais bon on le faisait puis après on en riait. Des qu’elle n’était pas là on en faisait des blagues et au final personne ne prenait vraiment ça au sérieux, même si c’était dur pour certains.

Le directeur lui était du même style que la boss mais on le voyait moins souvent. Je me souviens qu’à mon dernier jour il m’a dit « au début tu étais nulle mais tu t’es habituée », le « tu étais nulle » = tu étais une grosse merde incapable, mais dans le « tu t’es habituée » on pouvait comprendre qu’il était vraiment content de moi mais que ça lui faisait vraiment mal de le dire, a la fin il a même ajouté un « je l’ai bien dit hein ne me fais pas repeter ».

Je reste sur une note très positive, j’ai énormément appris et gagné en confiance, j’ai rencontré des personnes chouettes, et j’ai réalisé que j’étais capable de gérer un job trilingue et avec un minimum de responsabilités, ce qui m’a énormément rassuré sur mes capacités. Et puis d’un certain côté je suis assez contente d’avoir fait l’expérience de ce cliché japonais au travail à la Amélie Nothomb, le rapport avec le boss, l’humiliation etc, maintenant on en rigole.

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